BDouin UniverseColorier ou coloriser ?

Colorier ou coloriser ?

Dans cette série d’articles inédits, Norédine Allam, directeur des Éditions du BDouin, nous livre les coulisses et le quotidien du studio, de son origine jusqu’à aujourd’hui.
Épisode 01 : Le studio BDouin, un arbre qui s’accroît…
Épisode 02 : Colorier ou coloriser ?

En 2001, au lancement de mon premier studio de bande dessinée, j’identifie un vide dans le panorama artistique de la bande dessinée européenne : l’absence de mise en couleur assistée par ordinateur. Rapidement, je m’investis donc dans l’auto-formation, n’ayant comme seuls outils pour m’accompagner un manuel Adobe Photoshop 3.0 et une collection de comics américains.

Quelques mois plus tard, le site internet du STUDIO 2HB prend vie. Se présentant comme l’unique en son genre en Europe, il offre aux éditeurs la possibilité de coloriser (et non simplement colorier) des bandes dessinées à l’ordinateur. À l’époque, notre valeur ajoutée réside clairement dans la rapidité d’exécution et la garantie d’une livraison ponctuelle (deux éléments souvent absents chez les artistes).

Malgré l’apparence d’un studio, j’ai dû accomplir seul toutes les commandes, les premières années. Face à cela, il a fallu rapidement mettre en place un système pour augmenter ma “productivité » ; c’est à cette époque que ce mot fait son entrée dans mon vocabulaire artistique pour ne plus jamais en sortir.

Je n’ai pas hésité à chercher tous les moyens possibles pour accélérer le processus de mise en couleur, comme le ferait une usine, assisté pour l’occasion par mon frère Karim.

Après tout, 90% de la colorisation consiste à préparer le dessin pour accueillir les 10% artistiques finaux. Pourquoi ne pas automatiser cette tâche « répétitive », voire la déléguer à des assistants ?

C’est ainsi qu’en 2006, après que le studio 2HB a été choisi pour la remise en couleur complète des albums d’Astérix et Obélix (Refondation), je décide de constituer une équipe pour prendre en charge ces fameux 90%…

Depuis cette période, j’ai adopté ce système pour chaque projet.
Aujourd’hui, encore, la mise en couleur d’un ouvrage du BDouin suit ce découpage :

Coloriste 01 : Aplats de couleurs d’après des anciens dessins (appelés en interne Basic Colors), ici réalisé par Kepa Lyco.

Coloriste 02 : Correction des teintes et ajout des effets (Up Colors), réalisé par Iwan Joko.

Coloriste 03 : Correction des teintes, ajout des effets de mouvement et des bulles (Final Colors).

(dessin extrait du tome 1 de la BD Walad & Binti)

Je reste responsable de la troisième étape pour chaque ouvrage. Toutefois, à mesure que l’équipe s’améliore, ma charge de travail diminue. Une évolution bienvenue, étant donné que les story-boards me demandent de plus en plus de temps…

Réflexion complémentaire : Est-ce que la colorisation sera un jour entièrement réalisée à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, tel que Dall-e ou Mid Journey? Aujourd’hui, après plusieurs essais, je peux répondre que NON. Mais au vu de l’évolution rapide de ces outils, je pense en effet que cela sera le cas dans les années à venir, à la fois pour les 90% et les 10% restants…
Est-ce que cela me cause un problème ? Non. Car, à mes yeux, la couleur est un OUTIL et non une finalité en soi.

N.A.

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