Dans La Famille Foulane en ‘Omra, Partie 2 : Makkah, on retrouve Walad pensif, accoudé sur un balcon de la Mosquée Sacrée juste avant les rites de la ‘Oumrah. Loin d’être en train de « rêvasser », comme le croit son père, il médite sur l’endroit où il se trouve, si différent de tout ce qu’il avait pu voir dans le passé. Dans quelques instants, lorsque son regard aura le privilège de se poser sur la Ka’bah, il cessera de répéter la Talbiyah : « Labbayk, Allâhoumma Labayk … » – Me voilà, [répondant à Ton appel,] ô Allâh ! Me voilà… Ces paroles tellement lourdes de sens, et qui inspirent…
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Me voilà, après tant d’insouciance, de négligence et de faiblesse, répondant à Ton appel. Me voilà. J’atteste que rien ni personne ne mérite d’être adoré en dehors de Toi, que Tu n’as jamais eu, que Tu n’as pas, et que Tu n’auras jamais d’associé. Tu n’as besoin de personne, tandis que nous avons tous besoin de Toi, d’un besoin vital de Toi. Me voilà, ô Allâh ! Me voilà…
Ma présence ici est un cadeau de Ta part, à Toi Seul en revient la Louange. Inutile que je fasse des selfies devant la Ka’bah ou que je lève les mains au ciel pour apparaître pieux le temps d’une photo. Tu connais mieux que quiconque l’état de nos cœurs, même s’ils sont malades et simulent une proximité avec Toi qu’ils n’ont que virtuellement. Mes statuts devraient rester silencieux, faire profil bas, dans le réel et sur les réseaux sociaux. Permets moi juste de témoigner que je sais que c’est à Toi Seul que tout revient, quoi qu’en pense mon entourage, et quoi qu’en pensent les gens… Me voilà, ô Allâh ! Me voilà…
C’est à Toi Seul que revient la Louange, ce qu’oublient souvent les hommes, comblés de bienfaits qu’ils sont ; c’est à Toi Seul que revient la Louange, qu’ils soient beaux, riches, intelligents, en bonne santé, éloquents, en paix, à l’abri du danger et quels que soient les dons dont Tu ais pu les combler ; c’est à Toi Seul que revient la Louange, car de Toi Seul proviennent les bienfaits, parce qu’ils T’appartiennent tous, que c’est à Toi Seul qu’appartient la Royauté, et que Toi Seul en disposes à Ton gré. Me voilà, ô Allâh ! Me voilà…
Le train de la vie suit son cours, et la vie vue du train nous laisse croire qu’on a le temps. La confiance est mauvaise conseillère, inutile comme la science sans pratique de l’insouciant. Me voilà, par Ta Grâce, sur la route que j’espère encore mener à Ton pardon. Permets moi de m’élever de cette médiocrité et de Te rencontrer souriant. J’aimerais tellement Te voir, permets-moi de pouvoir, permets moi de savoir en profitant. Me voilà répondant à Ton appel ô Allâh, me voilà ! En Toi Seul, espérant…
Aboû Aḥmad
